Début du contenu principal

Études sur le lait maternel

Depuis 2014, Héma-Québec gère la Banque publique de lait maternel, qui vient en aide aux mères de bébés prématurés qui ne produisent pas assez de lait pour les besoins de leur enfant. Comme pour les autres secteurs d’activité de l’organisation, les équipes de recherche d’Héma-Québec soutiennent ces activités par différents projets visant à valider et optimiser la qualité du produit distribué.


Traitement du lait maternel par haute pression

La Banque publique de lait maternel d’Héma-Québec pasteurise le lait pour éliminer bactéries et virus. Cette méthode est sécuritaire, mais elle réduit la quantité de certains composants essentiels pour les bébés prématurés. Une technologie émergente, le traitement à haute pression, permet de détruire les microorganismes tout en préservant ses propriétés. Des études montrent que cette technique conserve mieux les facteurs bioactifs, mais son efficacité contre les virus et les spores bactériennes reste à confirmer. Ce projet compare différents protocoles de pasteurisation par haute pression afin d’assurer la sécurité microbiologique tout en maintenant la qualité nutritionnelle et protectrice du lait maternel.


Variation de la composition du lait maternel dans le temps

Actuellement, seules les mères dont l’enfant a moins de 12 mois peuvent contribuer à la Banque publique de lait maternel. Cette  règle repose surtout sur le constat des habitudes d’allaitement, car peu d’études décrivent la composition du lait après un an. Des données récentes suggèrent qu’il demeure riche en gras, sucres et protéines, qui sont les éléments essentiels pour les bébés prématurés. Ce projet analyse la composition du lait d’une même mère jusqu’à 24 mois après l’accouchement, en évaluant nutriments, facteurs protecteurs et bactéries. Ces résultats pourraient permettre à Héma-Québec  d’élargir les critères de dons et d’optimiser la nutrition des nouveau-nés vulnérables.


Caractérisation du lait de fin de tétée (hindmilk)

Le lait de fin de tétée, ou hindmilk, contient environ trois fois plus de gras que le lait du début (foremilk), offrant jusqu’à 25 calories supplémentaires par 100 ml. Comme les matières grasses sont la principale source d’énergie pour les bébés prématurés, l’utilisation ciblée du hindmilk pourrait répondre à leurs besoins spécifiques. Ce projet vise à caractériser ce lait sous l’angle nutritionnel et à analyser certains facteurs bioactifs. Ces données permettront d’évaluer son potentiel pour améliorer la croissance et la santé des nourrissons vulnérables.


Modèle 3D d’organoïde intestinal pour étudier la NEC

L’entérocolite nécrosante (NEC) est une maladie intestinale grave touchant surtout les bébés de très faible poids. Elle provoque une inflammation sévère pouvant mener à une perforation intestinale et à une septicémie, avec un taux de mortalité élevé. Ses causes sont multiples et mal comprises. Ce projet vise à développer un modèle 3D d’organoïde intestinal à partir de cellules souches de bébés prématurés atteints de NEC. Ce « mini-intestin » permettra d’étudier la maladie et d’évaluer l’effet protecteur du lait maternel et du lait de banque, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de prévention.


Cannabis et allaitement : répercussions sur la santé bucco-dentaire des nouveau-nés

Depuis la légalisation du cannabis, sa consommation pendant la grossesse et l’allaitement suscite des inquiétudes. Des composés toxiques ont été détectés dans le lait maternel de fumeuses, mais leurs effets sur la santé des bébés restent peu étudiés. Ce projet examine comment le cannabis modifie la composition du lait, notamment les nutriments et les vésicules matricielles, essentiels à l’immunité et au développement du bébé. Nous corrélons ces changements avec des indicateurs de santé buccale chez les nouveau-nés, tels que la salive, le microbiote et la muqueuse. Cette étude vise à mieux comprendre les risques et à fournir  des informations pour améliorer les pratiques cliniques.


Lait maternel et cancer buccal : étude du mécanisme d’action protecteur

Le cancer de la bouche est l’une des tumeurs malignes les plus répandues et entraîne plus de 145 000 décès par an dans le monde. Malgré l’efficacité des traitements actuels, il demeure le plus souvent incurable lorsqu’il est diagnostiqué tardivement. Le lait maternel humain constitue une source irremplaçable de nutriments essentiels à la croissance et au développement des nouveau-nés, mais il renferme également de multiples composants bioactifs, dont certains possèdent des propriétés antitumorales. Ainsi, l’objectif principal de cette étude est d’évaluer l’effet du lait maternel sur des cellules du cancer de la bouche ainsi que les mécanismes régulant cette action.


Digestibilité des protéines du lait maternel et intelligence artificielle

Les grands prématurés étant incapables d’ingérer de grands volumes de lait, il est essentiel qu’ils reçoivent, dès les premières gouttes, un lait à haute densité calorique et nutritionnelle. Ce projet vise à évaluer la digestibilité des protéines du hindmilk au moyen du modèle in vitro INFOGEST, qui reproduit le système digestif des prématurés. Cette digestibilité sera comparée à celle du lait maternel obtenu à partir d’une expression complète. Les données recueillies serviront également à développer un modèle d’intelligence artificielle permettant de prédire la digestibilité du lait en fonction de variations de formulation ou des processus utilisés pour la mise en banque du lait maternel.