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Cet article provient de l’édition de juin 2024 du Magazine d’Héma-Québec.


Paul, bénévole et receveur de cellules souches

Un miracle qui tient dans trois sacs

Bénévole membre de l’Association des bénévoles du don de sang (ABDS), Paul Ferland a aussi bénéficié d’une greffe de cellules souches qui lui a sauvé la vie. Il nous raconte son histoire.


Je venais de prendre ma retraite d’Hydro-Québec, quand j’ai reçu un résultat sanguin qui montrait un problème dans mon sang. J’avais 59 ans. Mon médecin m’a dirigé vers un hématologue, qui, après une biopsie de la moelle osseuse, m’a diagnostiqué une maladie rare : la myélofibrose. Ce type de cancer provoque le remplacement progressif des cellules souches qui se trouvent dans la moelle osseuse par du tissu fibreux.

L’hématologue m’a expliqué que la greffe de cellules souches était une option; sinon, il me restait entre 2 et 10 ans à vivre. Évidemment, ce n’était pas comme ça que j’entrevoyais ma retraite! J’avais plein de projets, je voulais voyager.  

Il fallait donc trouver une personne qui était génétiquement compatible avec moi et qui pourrait me donner des cellules souches. Mon frère Luc s’est empressé de faire le test de typage, sachant que nous avions 1 chance sur 4 d’être compatibles. Mais malheureusement, les tests ont révélé que ce n’était pas le cas. Par contre, Héma-Québec a trouvé dans le registre international des donneurs de cellules souches une personne qui était parfaitement compatible avec moi.

Cependant, mon oncologue m’a expliqué qu’il n’était pas urgent de faire la greffe et qu’il valait mieux attendre tant que j’allais bien, considérant les risques associés à une greffe. Elle me recommandait donc de profiter de la vie! De mon côté, ça m’a rassuré de savoir que j’avais une chance de m’en sortir.  

Quatre ans plus tard, j’ai commencé à ressentir beaucoup de fatigue, qu’on a traitée avec un médicament que je prenais à la maison et qui fonctionnait très bien. Malheureusement, ce répit n’a duré qu’un an, et la fatigue est revenue. J’avais 64 ans, et nous n’avions plus le choix : il me fallait une greffe de cellules souches ou j’allais bientôt mourir. Ma médecin, la Dre Silvy Lachance, de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, m’a avisé qu’il ne me restait que quelques mois.

En décembre 2021, après la préparation et plusieurs tests, j’ai commencé un traitement intensif de chimiothérapie de 7 jours pour mettre mon système immunitaire à zéro. J’étais alors très vulnérable, parce que j’étais immunosupprimé. J’étais donc en isolement dans une chambre à pression positive.

Ma greffe de cellules souches a eu lieu le 8e jour.

Les trois sacs de cellules souches sont arrivés dans ma chambre dans un contenant de congélation à l’azote liquide, à une température de -80 °C. Chacun des sacs a été déposé quelques minutes dans un appareil contenant de l’eau à 38 °C, soit la température de mon corps, puis son contenu m’a été injecté par le même cathéter qui a servi au traitement de chimiothérapie. Et voilà, environ une heure et demie plus tard, c’était fini! C’était désormais les cellules souches d’une autre personne qui produisaient mes cellules sanguines. C’est ce qui fait que mon groupe sanguin a changé. Avant la greffe, mon groupe sanguin était A+ et maintenant c’est O+, le groupe de la personne qui a fait le don.

Bien sûr, tout n’est pas réglé dès que la greffe est terminée. Il faut s’accrocher à la vie. J’ai eu des complications, et j’ai dû être hospitalisé de nouveau en urgence à trois reprises. En tout et pour tout, j’ai passé 4 mois à l’hôpital. Après un an, j’étais rétabli. Malgré ces complications, je suis très chanceux, car je suis maintenant en rémission, et tout va bien. Mon oncologue m’a même autorisé à faire des voyages. En juin prochain, j’irai avec mon frère Luc faire 7 jours de trekking autour du mont Blanc. J’ai du temps à rattraper!

Deux ans après la greffe, j’ai fait une demande pour obtenir les coordonnées de la personne qui a fait le don. Deux mois plus tard, j’ai reçu un courriel me disant qu’après plusieurs tentatives, cette personne n’avait toujours pas répondu à ma demande. Tout ce que je sais à son sujet, c’est qu’il ou elle vient d’Allemagne. Je garde quand même l’espoir d’un jour pouvoir la remercier de m’avoir sauvé la vie. Je lui serai toujours reconnaissant.  

Suite à la greffe, j’ai reçu aussi beaucoup de sang et de plaquettes. Je donnais régulièrement du sang dans le passé, mais je ne réalisais pas à quel point ces dons étaient importants. Lorsque j’étais jeune, j’aurais bien aimé sauver la vie d’une personne comme on l’a fait pour moi. Maintenant, je ne peux plus donner, puisqu’on ne peut plus donner de cellules souches après 60 ans. Malgré ça, je veux quand même redonner au suivant.

L’automne dernier, j’ai vu sur le site Web d’Héma-Québec que l’ABDS cherchait des bénévoles pour participer aux activités de recrutement dans les collèges, les universités et dans différents rassemblements pour rejoindre des donneuses et donneurs potentiels âgés entre 18 et 35 ans. Je n’ai pas hésité. Mon épouse et moi avons été accueillis très chaleureusement comme nouveaux bénévoles à l’ABDS dans l’équipe de recrutement pour le Registre de donneurs de cellules souches. Héma-Québec déploie beaucoup d’efforts pour faire connaître ce registre, mais il est encore méconnu, malheureusement.

Si je peux contribuer au recrutement d’une seule personne qui sauvera la vie d’une autre personne comme on a sauvé la mienne, je serai satisfait et heureux! 

Donneurs de sens – un balado d'Héma-Québec

Vous voulez en savoir plus sur le don de cellules souches? Écoutez l’épisode « La machine à miracles d'Héma-Québec » de notre balado Donneurs de sens.


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