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Cet article provient de l’édition de mars 2024 du Magazine d’Héma-Québec.


Christine, femme d'Alain, donneur de tissus humains

Laisser la vie en héritage

Faire don de sa peau, de sa cornée ou de ses os au moment de son décès s’avère un plan auquel on n’aime pas penser. Pourtant, ce don – auquel on peut consentir en signant sa carte d’assurance-maladie et en inscrivant son choix au registre de la RAMQ ou à celui de la Chambre des notaires – est un geste qui change le quotidien d’autres personnes et de leur famille du tout au tout. Il change aussi la vie des proches qu’on laisse derrière soi.


C’était un jour comme les autres pour Christine Richer. Un jour de semaine. Elle était au travail quand elle a reçu le message de son fils. Tout a déboulé. Alain Charbonneau, son époux, le père de ses deux grands fils et de sa fille, s’était senti mal. Il s’était écroulé sur le lit. Le plus jeune accompagnait son père à l’hôpital. Il fallait venir. Vite.  

« Quand je suis arrivée, Alain était encore conscient, mais son cerveau divaguait déjà. Il me demandait constamment de ramasser quelque chose par terre. Mais il n’y avait rien par terre… » Le diagnostic, deux anévrismes au cerveau et un à la rate, laissait peu de chances à l’ingénieur de 55 ans de s’en sortir indemne. Lorsque la mort cérébrale a été prononcée, il ne faisait aucun doute dans l’esprit de Christine qu’il fallait procéder au don d’organes et de tissus de l’homme de sa vie. D’autant plus qu’il s’agissait du désir d’Alain.  

« Ce sont des moments absolument déchirants. D’abord, parce qu’on est dans une certaine urgence d’agir, surtout dans le cas du don d’organes. Pour les tissus, on peut procéder après que le décès soit prononcé, mais je savais qu’Alain voulait donner tout ce qui pouvait servir à un autre humain à survivre. On en avait parlé en famille, ce qui facilite grandement les choses, une fois au cœur d’instants pénibles. Pour lui comme pour moi, il était clair que si ces tissus n’allaient plus lui servir, aussi bien en faire cadeau afin qu’un autre humain voie sa propre vie améliorée. »

Christine Richer et Alain Charbonneau

C’est un baume pour moi de penser que le cœur et les tissus de mon mari permettent à 13 autres personnes de voir le soleil se lever chaque matin, de continuer à aimer et à être aimé, de vivre plus normalement et sans doute plus longtemps.

Christine, femme d'Alain, donneur de tissus humains

Christine admet que quand vient le moment pour le personnel infirmier de demander le consentement et de partir avec le corps de l’être aimé, on songe à ces précieuses minutes qu’on a l’impression de perdre auprès de l’être cher, au profit du don. Mais elle n’a aucun regret. « Notre accident a permis à d’autres gens de continuer. Notre perte n’est pas qu’une simple perte, et je m’accroche à cela. Dans une mer de peine et de douleur, cette pensée est d’un grand réconfort. »

Christine Richer a été rencontrée lors d’une touchante cérémonie qui honore, depuis 30 ans, plus de 5 600 personnes comme Alain Charbonneau, dont les dons d’organes et de tissus ont permis de transplanter ou de greffer plus de 15 000 personnes à travers les années.

Donneurs de sens – un balado d'Héma-Québec

Vous voulez en savoir plus sur le don de tissus humains? Écoutez l’épisode « Pour que la vie se poursuive » de notre balado Donneurs de sens.


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Comprendre le don de tissus humains

Consentir au don de tissus humains
Jérémie, receveur de tissus humains

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Héma-Québec élargit son mandat en distribution de tissus humains
Ruban blanc sur fond vert symbolisant le don de tissus humains

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Qu’est-ce qu'un tissu humain?
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