Cet article provient de l’édition de octobre 2023 du Magazine d’Héma-Québec. Tous les numéros du Magazine peuvent être consultés ici.
Mylène, donneuse de cellules souches
Le don de l’espoir
En 2009, Mylène Arsenault vient de terminer ses études de maîtrise et travaille comme orthophoniste à l’hôpital de La Baie, à Saguenay. Sur un forum en ligne qu’elle consulte pour se tenir à jour dans son champ de pratique, un collègue raconte son histoire personnelle : un membre de sa famille a besoin d’un don de cellules souches.
Sa curiosité est piquée! Elle se renseigne sur les cellules souches, ces cellules sanguines qui peuvent se transformer en globules rouges, globules blancs ou plaquettes et qui, une fois greffées, peuvent guérir des maladies graves, comme certains cancers du sang.
Mylène donne déjà régulièrement du sang et se dit : pourquoi pas des cellules souches, si l’occasion se présente, si elle a un jour l’occasion de sauver la vie de quelqu’un? Elle envoie donc ses échantillons pour s’inscrire au registre d’Héma-Québec. « Moi, j’avais envie de sauver le monde! »
Puis les années passent, Mylène ne pense plus à son inscription ni aux cellules souches. Elle continue de donner du sang, donne la vie à quatre enfants, donne du lait maternel à la Banque publique d’Héma-Québec – et la vie suit son cours : une nouvelle naissance, un nouvel emploi, une nouvelle décennie, une première pandémie.
L’appel
Puis, en 2021, Mylène reçoit un appel d’Héma-Québec : « Vous souvenez-vous, Madame Arsenault, que vous vous êtes inscrite au registre des cellules souches il y a douze ans? » Oui, elle s’en souvient, et elle est abasourdie d’apprendre que son profil génétique semble compatible avec celui d’un patient ou d’une patiente qui, quelque part dans le monde, aurait besoin d’une greffe de cellules souches pour rester en vie.
On lui explique le processus, elle répond à un questionnaire de santé, puis elle refait les tests de compatibilité, comme les quelques autres donneurs potentiels qui ont été approchés. Deuxième appel : c’est vous qui avez la meilleure compatibilité avec le receveur. Mylène confirme sa décision : elle accepte de faire un don de cellules souches. Elle choisit la méthode du prélèvement par aphérèse, qui ressemble à un don de plasma. Une machine prélèvera son sang, en isolera les cellules souches, puis lui réinjectera le reste. Cependant, pour ce faire, elle doit avant le prélèvement prendre des médicaments qui augmenteront la présence dans le sang de ces cellules qui se trouvent normalement au centre des os.
Elle doit aussi faire attention de ne pas tomber malade, pour ne rien transmettre à la personne qui recevra ses cellules souches, qui est très vulnérable. C’est tout un défi en pleine pandémie de COVID-19, quand on a 4 enfants, qu’on travaille dans le milieu de la santé et qu’on fait de la suppléance en enseignement!
Mais tout se passe très bien, et elle se sent très bien accompagnée tant par sa famille que par l’équipe d’Héma-Québec. En décembre 2021, la fin de semaine de son 40e anniversaire, elle fait son don à Québec.
C'est un don, on ne le fait pas en s'attendant à recevoir quelque chose en retour.
Mylène, donneuse de cellules souchesEt après?
En général, toutes les personnes qui apprennent que Mylène a fait un don de cellules souches veulent savoir les mêmes choses : « Est-ce que ça a fonctionné? Est-ce que tu as rencontré la personne que tu as aidée? Comment va-t-elle? »
À toutes ces questions, la réponse courte est : on ne peut pas le savoir. La réponse longue est, comme toujours, un peu plus nuancée. Après un an, les deux parties impliquées peuvent lever l’anonymat du don : si elles le font toutes les deux, elles peuvent se contacter. Du moins, c’est ainsi que ces dons fonctionnent au Québec. Mylène, elle, a appris après un an que la personne qui avait reçu ses cellules souches provenait d’un pays qui ne permettait pas le bris de l’anonymat du don de cellules souches. Elle ne saura donc jamais qui elle a aidé et comment la greffe s’est passée.
Il ne faut pas pour autant en déduire qu’elle est déçue. Ce serait bien mal connaître cette éternelle optimiste!
« Je ne suis pas déçue, explique-t-elle avec sérénité. C’est un don, on ne le fait pas en s’attendant à recevoir quelque chose en retour. De toute façon, j’ai reçu beaucoup de gratitude de la part des gens autour de moi! J’ai fait mon don, et je sais que j’ai au moins donné de l’espoir à cette personne qui craignait pour sa vie. Mais je n’en sais pas plus! Et ce n’est pas grave, je me nourris des histoires de guérisons d’autres personnes, sans savoir réellement comment l’histoire à laquelle j’ai contribué a évolué. »
Bref, le regard qu’elle porte sur son expérience est résolument positif : « C’est exceptionnel d’avoir cette occasion de faire un don de cellules souches. Ça fait grandir, tu en parles à tes enfants, ça provoque de superbes conversations. En définitive, on voudrait tous que quelqu’un accepte de le faire pour nous ou pour nos enfants en cas de besoin. »
Donneurs de sens – un balado d'Héma-Québec
Vous voulez en savoir plus sur le don de cellules souches? Écoutez l’épisode « La machine à miracle » de notre balado Donneurs de sens.
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