Cet article provient de l’édition de janvier 2023 du Magazine d’Héma-Québec. Tous les numéros du Magazine peuvent être consultés ici.
Vincent, donneur de plasma
Redonner en donnant
Grâce à l’entrée en vigueur du nouveau questionnaire non genré, Vincent Godbout peut désormais donner du sang et du plasma. Et comme en témoignent les 11 dons de plasma qu’il a effectués en trois mois, il rattrape le temps perdu.
Le 2 octobre, date d’entrée en vigueur de ce questionnaire pour les dons de plasma, Vincent a été l’un des premiers membres des communautés LGBTQ+, directement touchées par cet important changement, à faire un don et à l’afficher sur les réseaux sociaux.
« Dès le moment où c’est devenu une possibilité de faire un don, j’en ai eu vraiment envie, explique le spécialiste en marketing web de 34 ans. Nous ne sommes pas différents des autres donneurs. C’est le fun d’avoir enfin la chance de donner. »
En résumé, le nouveau questionnaire non genré permet d’évaluer les facteurs de risque liés aux pratiques sexuelles de chaque personne, sans se baser sur son genre et son orientation sexuelle. C’est donc dire que les membres des communautés LGBTQ+ peuvent maintenant donner du sang et du plasma, sous certaines conditions, au grand bonheur de plusieurs, dont Vincent.
Autrefois, celui-ci n’hésitait pas à critiquer publiquement l’interdiction imposée jusque-là à plusieurs membres de la diversité sexuelle. « Peut-être qu’un jour, on pourra sauver des vies », peut-on lire dans un message qu’il a publié sur sa page Facebook en 2017.
« J’ai milité un petit peu de mon bord, comme d’autres membres de la communauté. Je crois que c’est comme ça qu’on a réussi à faire changer les choses. Quand j’ai vu que les choses ont changé, j’ai décidé d’y aller à fond et de donner le plus souvent possible. »
Les motivations derrière tous ses dons sont aussi ancrées dans le combat que sa mère, Lucie, mène contre le cancer depuis 20 ans.
« Elle est maintenant en phase terminale, témoigne-t-il. Ça a influencé ma décision de donner, c’est certain. Même si elle n’a pas eu besoin de produits sanguins, c’est ma manière de redonner au système de santé et d’aider ceux qui pourraient bénéficier de mes dons. »
Personne n’est à l’abri d’un accident ou d’une maladie. Tout le monde pourrait, éventuellement, avoir besoin de produits sanguins. C’est un cadeau d’être en santé.
Vincent Godbout, donneur de plasmaUn don de soi, mais aussi pour soi
Ce qui frappe le plus chez Vincent, c’est son enthousiasme contagieux et son optimisme.
« Ma mère m’a transmis ces belles qualités, poursuit-il, émotif. Même si on sait que la fin arrive, elle s’est battue toute sa vie. Sa vision positive de la vie, je crois que c’est ce qui lui a permis de rester avec nous aussi longtemps. »
Il espère d’ailleurs que son engagement envers la cause et ses nombreuses publications en ligne par rapport au don de plasma et de sang influencent quelques personnes à enfin relever leur manche.
« Personne n’est à l’abri d’un accident ou d’une maladie. Tout le monde pourrait, éventuellement, avoir besoin de produits sanguins. C’est un cadeau d’être en santé. Le manque de temps, c’est une excuse facile. C’est un don de soi, mais également un don pour soi. À quel moment as-tu l’occasion de prendre une heure pour toi, pour t’asseoir et relaxer? »
Vincent aimerait beaucoup partager son plaisir de faire un don de vie avec ses amis. Ce n’est qu’une question de temps avant que l’un d’eux accepte son invitation.
En attendant ce jour, vous pouvez trouver Vincent au Centre de dons Héma-Québec de Lebourgneuf chaque vendredi, prêt à faire un don de plasma.
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