Cet article provient de l’édition de mars 2024 du Magazine d’Héma-Québec.
Dr Gilles Delage, ancien vice-président des Affaires médicales en microbiologie
10 ans de la Banque publique de lait maternel : la création de petits miracles
En 2014, l’équipe d’Héma-Québec obtient le mandat de mettre en place la Banque publique de lait maternel, un service qui n’existe alors pas au Québec. Pasteurisateurs défectueux, taux de rejet plus élevé qu’anticipé : de nombreuses embûches se présentent lors de sa création. Rien, toutefois, qui n’est à l’épreuve de l’expertise au service de ce joyau québécois.
Reconnue pour sa grande compétence dans le domaine des produits humains, l’équipe se lance dans ce projet avec des connaissances limitées.
J’envisageais l’implantation (de la Banque publique de lait maternel) comme quelque chose de relativement simple : a piece of cake, comme le disent les anglophones. Ce projet a été beaucoup plus complexe que prévu.
Dr Gilles Delage, ancien vice-président des Affaires médicales en microbiologie à Héma-Québec et premier directeur médical de la Banque publique de lait maternelAvant d’établir celle-ci, les responsables visitent plusieurs banques de lait à travers le monde afin d’en apprendre davantage sur les meilleures pratiques et procédés à respecter. Vient ensuite le recrutement de généreuses donneuses, la création d’une liste de critères de qualification au don de lait et une autre de médicaments dont la prise régulière empêche le don – des dossiers « relativement simples » à régler, selon M. Delage.
L’installation des pasteurisateurs dans les laboratoires d’Héma-Québec est la première source de problèmes dans les opérations de la Banque. Effectivement, des appareils défectueux retardent le déploiement complet du programme : en quelques mois à peine, deux ne sont que de passage dans les laboratoires.
Le véritable défi a toutefois consisté à diminuer le taux élevé de rejet initial, causé par la présence de culture bactérienne dans les dons : au départ, 33 % des lots sont rejetés, alors que l’objectif d’Héma-Québec est plutôt de 8 à 10 %.
« Une enquête nous a permis de constater que le problème se trouvait à la source, c’est-à-dire lors du prélèvement et du stockage du surplus de lait à la maison de la part des mères, se rappelle le Dr Delage. Nous avons bonifié la formation initiale auprès de celles-ci, ce qui nous a permis de régler rapidement ce problème. Je dirais que ç’a été l’enjeu le plus complexe auquel nous avons fait face. »
Maintenant à la retraite, il peut se targuer d’avoir contribué à établir des fondations solides pour la Banque publique de lait maternel, qui après ses débuts pleins de défis est désormais une grande réussite dont le Québec peut être fier. Chaque année, elle permet à 500 grands prématurés de mieux se porter.
« J’ai passé une partie de ma carrière dans un hôpital pédiatrique, donc c’est un projet que j’ai à cœur. Ça m’a permis de contribuer, à mon humble capacité, aux soins des enfants. J’en suis bien fier », conclut le Dr Gilles Delage.
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