Cet article provient de l’édition de avril 2025 du Magazine d’Héma-Québec.
Alexandre, receveur de plasma
Se sortir la tête de l'eau grâce aux dons de plasma
Jeune étudiant en microbiologie et immunologie à l’Université McGill et nageur de haut niveau, Alexandre Grant enchaînait les performances jusqu’à ce qu’il soit confronté à une épreuve des plus difficiles.
Au tout début de la vingtaine, alors qu’il participait à une compétition et à un camp d’entraînement aux États-Unis, l’athlète a de la fièvre pendant quelques jours. La semaine suivante, il se sent soudain faible et commence à ressentir des picotements aux mains et aux pieds. À son retour à Montréal, ces symptômes s’aggravent et s’étendent à d’autres parties de son corps, au point où il finit par se rendre à l’urgence.
Le diagnostic tombe assez rapidement : Alexandre est atteint du syndrome de Guillain-Barré (SGB), une maladie rare qui fait que le système immunitaire attaque les nerfs périphériques. Sa vie vient de prendre un virage imprévu : en quelques jours, il est presque complètement paralysé. Il ne le sait pas encore, mais son séjour dans les hôpitaux se prolongera durant plusieurs mois.
Le plasma, élément central des traitements
Au pic de sa maladie, le sportif de pointe n’est plus capable de marcher et doit se déplacer en fauteuil roulant. Heureusement, le SGB se soigne, et la plupart des gens qui en sont atteints se rétablissent bien, mais le chemin vers un retour à la santé est long et ardu. Pour freiner l’emballement du système immunitaire, on procède à l’administration intraveineuse d’immunoglobulines (IvIG), des médicaments fabriqués à partir de plasma grâce auxquels il peut enfin commencer son rétablissement. Il n’est toutefois pas au bout de ses peines, car l’étape de la réhabilitation est sans aucun doute la partie la plus difficile.
Retrouver l’espoir et la mobilité
Alexandre est transféré au Centre de réadaptation Gingras-Lindsay où il arrive très faible, toujours en fauteuil roulant, pour commencer une série de traitements intensifs d’un mois et demi en physiothérapie, en ergothérapie et en psychologie. Ce dernier aspect n’est pas à négliger. Comment, en effet, ne pas ressentir de la solitude et de l’impuissance en passant des dizaines de jours alité et en douleur, sans être capable de se mouvoir? La rareté du Syndrome de Guillain-Barré aggrave cette impression d’isolement : peu de gens en ont fait l’expérience.
Environ deux mois après sa visite aux urgences, Alexandre retourne à la maison et poursuit sa réadaptation durant plusieurs mois. Pour quelqu’un qui a perdu une grande partie de ce qui le définissait, soit les études et le sport de haut niveau, chaque petit pas réalisé vers un retour en forme est aussi exigeant que précieux. Cependant, grâce à son jeune âge et à sa forme physique exceptionnelle, il se rétablit presque complètement.
Environ un an après sa sortie de l’hôpital, au terme d’une longue réadaptation, Alexandre participe aux championnats nationaux de natation, où il bat ses records personnels. Toutefois, son corps ne pouvant plus endurer l’intensité de l’entraînement nécessaire à la compétition de haut niveau, il décide de prendre malgré son jeune âge sa retraite du sport de compétition pour se concentrer sur son nouvel objectif : devenir médecin.
Donneurs de sens – un balado d'Héma-Québec
Vous voulez en savoir plus sur le don de plasma? Écoutez l’épisode « Offrir ce qui brille en nous » de notre balado Donneurs de sens.
Redonner à la communauté
Désormais bien sensibilisé à l’importance du don de plasma, Alexandre est devenu un donneur fréquent qui s’assure de visiter les Centres de dons Héma-Québec dès qu’il revient au Québec (il étudie actuellement la médecine à l’Université de l’Alberta).
Mis au fait de l’existence d’une fondation consacrée au Syndrome de Guillain-Barré par sa sœur qui a rencontré une bénévole à un centre de dons, il s’est engagé au sein de l’organisme, la Fondation canadienne du SGB et de la PDIC – ce dernier acronyme désignant une autre affection neurologique rare : la polyneuropathie démyélinisante inflammatoire chronique. Il est d’abord devenu bénévole., puis directeur pour le Québec au sein du C.A. Il est ainsi en mesure de contribuer à sensibiliser la population au don de plasma et d’apporter son soutien aux personnes touchées par cette maladie au Québec.
Le SGB étant une maladie rare, les personnes qui en sont atteintes disposent de peu de ressources pour s’informer – et se sentent souvent isolées. Malgré ses études dans le domaine de la santé, Alexandre en savait lui-même assez peu sur le sujet. C’est pourquoi, en plus d’offrir de l’information générale sur la maladie, la Fondation propose des groupes de soutien ainsi que des activités de sensibilisation et de financement pour ses programmes. Ses bénévoles sont d’ailleurs souvent présents dans les Centres de dons Héma-Québec. Depuis février 2025, il est également président intérimaire du Comité consultatif des représentants des receveurs d’Héma-Québec.
Le SGB est non seulement une grande source de stress et d’incompréhension pour ceux et celles qui en sont atteints, mais aussi pour leurs familles et leur entourage. La Fondation aide aussi à mieux faire connaître la maladie au grand public et aux professionnels de la santé, tout en soulignant l’importance du don de plasma.
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