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Cet article provient de l’édition de avril 2025 du Magazine d’Héma-Québec. Tous les numéros du Magazine peuvent être consultés ici.


Sylvain, greffé de cellules souches

Un héros sans cape… mais avec un casque!

Deux fois condamné à une mort imminente, l’ex-pompier Sylvain Côté s’est retrouvé pour la première fois à l’autre extrémité d’un geste héroïque d’altruisme : un parfait inconnu lui a sauvé la vie. Voici son témoignage.


C’est en novembre 2018 que ma vie a pris un tournant inattendu : j’ai appris que j’étais atteint d’un myélome multiple. On m’a expliqué que c’était un cancer incurable. À l’époque, j’étais pompier pour le Service de la sécurité incendie de la Ville de Saguenay. Ce diagnostic a été un choc, évidemment… mais j’ai décidé de me battre. Après une série de traitements, y compris une greffe autologue de cellules souches, j’ai pu reprendre ma vie et continuer à défendre les droits des pompiers en tant que président syndical.

Cependant, en septembre 2022, une nouvelle épreuve m’attendait : une leucémie. Les médecins m’ont dit qu’il ne me restait que trois semaines à vivre. Comment peut-on encaisser cette nouvelle? Ce n’est pas plus simple la deuxième fois – tout s’est effondré autour de moi. C’est alors que l’équipe soignante m’a parlé de la possibilité d’une greffe de cellules souches, et une petite porte s’est ouverte devant moi, laissant passer un peu de lumière. Malheureusement, mon frère et ma sœur n’étaient pas compatibles, et aucun donneur québécois ne correspondait à mon profil. L’espoir est venu d’un donneur américain.

Grâce à lui, j’ai eu une chance incroyable : la possibilité de survivre. L’issue n’était pas certaine, mais j’avais une chance – une chance de voir ma fille grandir, de profiter de ma retraite, de réaliser les rêves que je porte en moi depuis des années.

Sylvain, greffé de cellules souches

La greffe a été réalisée en novembre 2022. Graduellement, ma santé s’est améliorée, et aujourd’hui mes résultats sanguins sont excellents. Je profite de chaque jour, et je m’efforce de sensibiliser la population québécoise à l’importance de s’inscrire au registre des donneurs de cellules souches. Plus il y aura de profils génétiques dans la banque, plus nous pourrons sauver de vies! Je manque de mots pour expliquer ce sentiment incroyable de gratitude, cette surdose d’humanité qu’on ressent quand on apprend que quelqu’un, quelque part, décide consciemment de nous sauver la vie même s’il ne sait rien de nous – par pure bonté.  

Je sais de quoi je parle, parce que j’ai eu l’occasion de rencontrer la personne qui a accepté de faire le don qui m’a sauvé la vie. Tous les greffés de cellules souches n’ont pas cette chance, puisque la personne qui fait le don peut toujours choisir de rester anonyme. Après son don, celui que j’appelle « mon donneur », Parker Lovelace, m’a écrit une lettre dans laquelle il m’expliquait pourquoi il avait accepté de s’embarquer dans cette aventure. Parker a perdu son père au début de la vingtaine et voulait éviter à d’autres familles de vivre la même douleur. C’est pourquoi il s’est inscrit au registre de cellules souches à Atlanta. Dans sa lettre, il me remerciait de lui avoir moi aussi « donné quelque chose qui n’a pas de prix », l’occasion de faire preuve de courage et de vivre une expérience qui avait changé sa façon de voir la vie. À la fin de sa lettre, il me disait que si je le voulais, il était ouvert à l’idée de me rencontrer.

Dites-moi comment on peut refuser de rencontrer quelqu’un qui vous sauve la vie en vous remerciant! Après la réception de cette lettre, j’ai commencé à le surnommer « Par Cœur » – c’est déjà comme ça que je prononçais son prénom, mais je n’avais pas encore constaté comment la transcription en français lui allait comme un gant.

La rencontre a eu lieu le 11 juillet 2024 dans une microbrasserie de Boston. C’était un moment très émouvant, que je n’oublierai jamais. J’ai fondu en larmes dans les bras de Parker, ce parfait inconnu dont le sang coulait dans mes veines. En guise de remerciement symbolique, je lui ai offert le casque de pompier que j’ai porté lors de mon dernier quart de travail. Je le destinais à ma fille, mais elle m’a confirmé qu’elle préférait de loin avoir son père à ses côtés plutôt qu’un casque en souvenir! Si j’ai pu connaître les joies de la retraite, si je suis encore ici, c’est grâce à mon donneur.  

Josée Larivée, porte-parole d’Héma-Québec, m’a invité à donner une conférence devant tous les employés de son organisation. Depuis, j’ai donné une douzaine de conférences et je compte continuer à le faire, notamment en allant à la rencontre des étudiants et étudiantes dans les cégeps.

Mon histoire a également attiré l’attention des médias et celle de mon député, Yanick Gagnon, qui m’a aidé à porter mon message jusqu’à l’Assemblée nationale du Québec. Grâce à lui, j’ai rencontré le ministre Boulet, et un projet de règlement a été déposé pour ajouter six nouveaux cancers à la liste des maladies professionnelles reconnues.

Aujourd’hui, je joue au badminton trois fois par semaine avec mes amis de longue date. Je suis heureux d’avoir retrouvé la forme et de pouvoir profiter de la vie. Un de mes amis plaisante en disant que les cellules de mon donneur, qui est un athlète en excellente forme, m’ont peut-être donné un coup de pouce supplémentaire sur les terrains de badminton… Moi, je préfère penser que je m’améliore tout simplement en vieillissant, comme un bon vin!

En rémission de mon deuxième cancer, je ne m’attarde plus sur les pronostics. Deux fois, on m’a dit qu’il ne me restait que quelques semaines à vivre. Maintenant, je profite de chaque journée, du temps que je passe avec mes proches. Par mon implication bénévole auprès des pompiers et d’Héma-Québec, j’essaie de sauver des vies d’une nouvelle manière, tout comme je le faisais en combattant les incendies.  

J’ai été chanceux – incroyablement chanceux, merveilleusement chanceux – et j’essaie de redonner cette chance à ceux qui en auront besoin dans le futur! Il n’y a rien de plus beau qu’aider les autres – cette vérité toute simple, je la garde en moi en tout temps, elle m’a été greffée en même temps que les cellules souches de Parker. 

Donneurs de sens – un balado d'Héma-Québec

Vous voulez en savoir plus sur le don de cellules souches? Écoutez l’épisode « La machine à miracle » de notre balado Donneurs de sens.


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